Hommage aux morts de la rue

Solidarité Alerte © 2012

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2 AVRIL 2019 HOMMAGE AUX MORTS DE LA RUE

La rue est un fléau, la rue assassine et détruit, enferme et cloisonne, plus qu'un mal, une tragédie.

De : Alex C - Président Fondateur de Solidarité Alerte © 2011 - 2019

Remerciements à Rémi Brancato de France Inter, qui a pris son temps, pour nous écouter, et vraiment comprendre le mal être qui sévit en France.

Toutes ces personnes décédées dans la rue, qui ne demandaient rien qu'une chose, un toît.

Quand on voit qu'à Paris et banlieue, on peut attendre jusqu'à 20 ans un logement, il y a matière à se poser des questions.

Relancer encore et toujours des demandes de logements... combien sont celles et ceux, qui, de guerre lasse ont baissé les bras? Et ont laissé tomber.

Et ça se comprend! En attendant, dans la soit disant plus belle ville du monde, ce ne sont pas les logements vacants qui manquent.

Les SDF refusent les centres d'hébergement?

A moins que le froid ne se fasse trop glaçant, oui, certains préferent rester dehors ou en tentes.

Quand on voit ce qui se passe dans certains centres ou foyers, on ne peut que les comprendre.

Entre insalubrité, alcool, vols, agressions, hygiène... c'est un tout, et ce tout fait qu'ils préfèrent de loin rester là où ils sont, même si les conditions extérieures sont extrèmement difficiles.

Ils ont le visage creusé par le temps, des cernes d'épuisement d'un combat qu'ils mènent au quotidien, ils sont usés et fatigués mais ne baissent pas les bras.

Je tiens à rendre Hommage à un Grand Homme, Moudha, qui des années durant, a vécu dans la rue et hélas, y est décédé le 17 Novembre 2018 à Paris.

J'en ai rencontré des gens, mais lui, je ne l'oublierai jamais.

CHHIONG KAOU-HANH... 1950 - 2018

Son nom était imprononçable pour beaucoup... et à défaut de pouvoir le prononcer, grand nombre de personnes le surnommait avec affection, Petit Boudha.

Quoi que pour nous, il a toujours été Moudha, tel est le nom avec lequel il s'est présenté à nous.

Moudha, qui a été toujours présent pour nous. Nous qui aurions toujours voulu faire plus pour lui.

Au delà de tout, de la normalité, du materialisme, du regard des autres, de l'argent, il n'a jamais été corrompu.

Aujourd'hui si je pleure un Père, si toute mon Equipe pleure son Grand Père, combien sont-ils à pleurer cet Homme qui faisait du bien à tous.

Pour celles et ceux qui le connaissaient, habitants et riverains du 13 èeme arrondissement de Paris, il était devenu une icône de générosité et de bonté.

IL VOULAIT VIVRE LIBRE ET NE SUPPORTAIT PAS D'ÊTRE ENFERMÉ.

Moudha n'était pas ce genre de SDF alcoolisé 24/24, vomissant ces tripes et vociférant mille et un noms d'oiseaux aux passants. Invectiver qui que ce soit, il ne l'a jamais fait.

Moudha n'était pas ce genre de personnes, qui quand on les voit on change de trottoir, on écarte les enfants... qui harcèlent les gens pour se payer un litron de pilon et les arrosent copieusement d'insultes en cas de refus ou se montrent violents.

Oui, il vivait dehors, mais c'est le mode de vie qu'il avait choisi...

Combien de fois lui a t'on proposé de l'accueillir ou de lui payer l'hôtel... Jamais il n'a accepté.

Il refusait toujours, et durant l'hiver, lorsqu'il neigeait, ça nous navrait plus qu'autre chose.

Toujours prêt à rendre service, à aider, jamais en train de se plaindre tout au long de ces années, de ces 4 saisons, dans cette rue dans laquelle il vivait et dans laquelle il est parti un jour d'hiver, assis sur un trottoir.

Ca faisait chaud au coeur de voir tout le voisinage lui apporter des vivres au quotidien, il avait toujours à manger et à boire.

Son campement de fortune... un bric à brac sans nom, maintes et maintes fois détruit par la mairie de Paris, parce que oui ...."cela dérangeait les bien pensants".

Pour Moudha, qu'on détruise son campement ou non, ça avait peu d'importance, le soir même il reconstruisait son univers fait de cartons et de tout un tas de bricoles.

Moudha laissera pour toujours l'empreinte de son passage dans le XIIIe. Chinatown a perdu beaucoup plus que ce que d'autres auraient pu croire, en le qualifiant parfois de " clochard ".

SDF, oui il l'était pour ne pas avoir de toit sur la tête, clochard, il ne l'a jamais été !

LIBREMENT, IL A VÉCU AU FIL DU TEMPS... AU FIL DU VENT, DEBOUT, ENVERS ET CONTRE TOUT...

La rue est un enfer, qu'on l'ait choisie ou non. Il faut tenir et il a tenu jusqu'au bout.

Peut être est-il parti heureux, c'est tout ce qu'on souhaite, mais il est parti en HOMME, avec son Honneur et sa Dignité.

REMERCIEMENTS

Solidarité Alerte © 2012

Je tiens à remercier le Centre d'action sociale de la ville de Paris, le CASVP, qui de son mieux a fait ce qu'il fallait pour mettre un Ami, un Confident, un Père à l'abri.

Et je salue là, Julie, qui saura se reconnaitre et qui m'a remis les affaire de Moudha qui tenaient dans une simple valise.

Une vie dans une valise... on est loin de notre petit confort quotidien...

Remerciements au Collectif des morts de la rue.

Je tiens également à remercier tout le perosnnel de l'Institut Médico Légal de Paris, pour le Respect dont il a fait preuve, plus particulierement dans l'accueil, la compréhension et les services qu'il a proposé quant aux obsèques de Moudha, jusqu'au cimetierre intercommunal de Thiais.

Moudha est parti en Homme, avec sa dignité et son Honneur.

A toutes celles et ceux qui étaient présent(e)s à ses obsèque, je vous dis MERCI.

Parce que personne n'est à l'abri de la rue, que tout peut s'effondrer du jour au lendemain, mobilisons nous pour celles et ceux qui en ont besoin.

566 personnes sont mortes dans la rue en 2018

Elles sont mortes sur la voie publique, dans des abris de fortune tels qu’un parking, une cage d’escalier, une cabane de chantier ou dans le métro, mais aussi en lieu de soins ou en structure d’hébergement. Elles avaient 48 ans en moyenne. 516 hommes, 50 femmes, 13 mineurs, dont 6 ont moins de 5 ans, 2 ont de 5 à 9 ans, 6 ont 15 à 18 ans.

Rassemblement mardi 2 avril pour leur rendre hommage.

Le Collectif Les Morts de la Rue, créé en 2002, à l'origine de ce rassemblement, a pour missions principales d’interpeller, faire savoir que vivre à la rue tue, accompagner les morts, soutenir et informer l’entourage, soutenir la dignité des funérailles.

L’hommage du 2 avril sera un moment de recueillement dans la dignité pour une prise de conscience qui montre que derrière chaque disparu, il y a une personne, une histoire, une vie. 566 roses et 566 oeillets seront distribués aux proches, aux associations, aux bénévoles et anonymes présents. Le collectif Les Morts de la Rue est convaincu « qu’en interpellant la société, en honorant ces morts, nous agissons pour les vivants »

Le collectif qui redonne une identité aux «invisibles» décédés dans la rue a invité le public, ce mardi, à rendre honorer les 566 victimes recensées en France l’an dernier.

Des prénoms, des âges, des dates de décès…

Pendant près de deux heures, ce mardi midi, militants associatifs et anonymes se sont succédé au micro, pour lire le nom et parfois quelques éléments de l’histoire des 566 sans-abri (dont 132 à Paris) décédés dans la rue l’année dernière.

La cérémonie, organisée chaque année par le collectif des Morts de la rue depuis 2002, s’est tenue au cœur du square Villemin (Xe) dont les allées avaient été décorées de centaines de petits pots de fleurs, des pensées au nom des victimes. Sur beaucoup d’entre eux, la mention : « homme non identifié » suivie d’un âge approximatif.

48 ans, l’âge moyen « Notre décompte est loin d’être exhaustif », s’empresse de préciser Géraldine Franck, présidente du Collectif des morts de la rue qui regroupe une cinquantaine d’associations.

« On estime que le chiffre réel des victimes de la rue est sans doute 4 à 5 fois plus élevé », poursuit-elle en reconnaissant que le nombre de morts « recensés » par le collectif augmente année après année.

La militante associative se félicite de la volonté des autorités de pérenniser à l’année des places d’hébergement ouvertes dans le cadre du plan hivernal. « Ça va dans le bon sens, mais on reste très loin du compte.

Macron, et avant lui Sarkozy et encore avant lui Jospin ont tous promis zéro SDF », conclut Géraldine Franck avant de citer l’autre chiffre scandaleux qui ressort de l’hommage du collectif : 48, l’âge moyen auquel sont décédés les morts de la rue.

«Une femme est une proie» « Honorer ces morts, c’est aussi agir pour les vivants », poursuit Sophie, 46 ans dont 20 passé dans la rue et aujourd’hui militante active du Collectif.

« Dans la rue, une femme est une proie », explique-t-elle au micro, avant d’aller déposer une rose sur le kiosque à musique du square, en mémoire des « copains disparus ».

Un homme sans-abri dort sur le trottoir à Caen, le 14 septembre 2018, un homme, 78 ans, à Pau. Une enfant , 2 mois, en Ile-de-France...":

« J’en ai perdu 22 en 20 ans » enchaîne Ervé, lui aussi ex-SDF, très actif sur la twittosphère où il a longtemps fait passer les coups de gueule des sans-abri, et « fatigué » de ces hommages qui se succèdent d’année en année. « La rue, ça crève. Tout simplement ! », assène-t-il aux 200 personnes qui assistent à l’hommage dans le square Villemin. Un rendez-vous qui ne sera malheureusement pas le dernier.

Frédéric, mort durant l'été 2018 à Paris à l'âge de 43 ans, "était cultivé, il écrivait beaucoup, dessinait, il était aimé par les riverains.

Il rendait des services, se faisait de temps en temps offrir un repas et un petit verre par un restaurant", selon un de ces témoignages.

Des fleurs accompagnées d'une étiquette présentant les noms, âges, dates et lieux de décès de chacun ont également été disposées au milieu des allées du jardin, formant un chemin de copeaux rouges.

"On meurt de tout dans la rue", témoigne auprès de l'AFP Sophie Papieau, membre du collectif, qui a vécu 20 ans dans la rue jusqu'en 2013.

Agressions, suicides et accidents sont la cause d'un décès sur quatre, un autre quart des disparitions n'est pas expliqué, selon l'association. D'après ces chiffres, les sans-abri décédés en 2018 ont disparu à l'âge de 48 ans en moyenne, bien loin de l'espérance de vie en France (79,2 ans pour les hommes ; 85,3 pour les femmes).

Hervé, qui a installé sa tente à proximité du canal Saint-Martin en est persuadé: "C'est l'indifférence qui tue à petit feu, une femme est morte pas loin d'ici, des dizaines de personnes sont passées à côté d'elle sans la remarquer".

Le nombre de personnes sans domicile en France était estimé à 143.000 en 2012 par l'Insee, le nombre de sans-abri à 12.700.

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